
Étiquetage INCO : les mentions obligatoires sur un préemballé
Étiquetage INCO d'un préemballé : les 9 mentions obligatoires, qui est responsable lors d'un reconditionnement en sachets, et les bonnes pratiques B2B.
Pour tout acheteur professionnel qui reçoit un sac de 25 kg de fruits secs ou d'épices en vrac et le reconditionne en sachets destinés à la revente, la question de l'étiquetage n'est pas accessoire : elle engage sa responsabilité légale. Le règlement INCO (Information des Consommateurs) encadre les mentions qui doivent figurer sur toute denrée préemballée mise en marché. Cet article fait le point sur ces mentions, sur ce qu'elles impliquent concrètement pour un grossiste, un CHR ou une épicerie fine, et sur les points de vigilance à intégrer dans votre gestion de lots.
Le règlement INCO et la denrée préemballée : de quoi parle-t-on exactement
Une denrée est dite « préemballée » dès lors qu'elle est conditionnée avant sa mise en vente, dans un emballage qui la recouvre entièrement ou partiellement, de telle sorte que le contenu ne peut être modifié sans que l'emballage ne subisse une ouverture ou une modification. Un sachet de fruits secs scellé, un pot d'olives, un carton de fruits confits destiné à la revente : tous relèvent de cette définition dès qu'ils quittent votre entrepôt pour être proposés à un client final ou à un professionnel en aval.
Le règlement INCO fixe la liste des informations qui doivent être communiquées à l'acheteur sur l'étiquette elle-même, sans renvoi à une notice séparée ou à une simple mention orale. Pour un grossiste comme Palimex, qui vend en conditionnement minimum 5 kg à des professionnels avec SIRET, la question se pose différemment que pour un commerce de détail : mais dès qu'un client CHR, un pâtissier ou une épicerie reconditionne ce vrac en unités de vente plus petites destinées à ses propres clients, il devient à son tour responsable de l'étiquetage de ces nouveaux préemballés.
Les mentions obligatoires sur un préemballé : la liste à connaître
Le règlement INCO impose un socle de mentions qui doivent figurer sur l'étiquette d'une denrée préemballée. Voici les éléments qui reviennent systématiquement dans les contrôles et les dossiers de conformité :
- La dénomination de la denrée : le nom sous lequel le produit est vendu, précis et non trompeur (ex. « abricots secs dénoyautés », et non une appellation vague).
- La liste des ingrédients, dans l'ordre décroissant de poids, pour tout produit composé de plusieurs éléments (mélanges apéritifs, fruits confits enrobés, préparations d'épices).
- Les allergènes, mis en évidence par une typographie, une casse ou un contraste de couleur qui les distingue clairement du reste de la liste d'ingrédients.
- La quantité nette, exprimée dans l'unité de mesure appropriée (kg, g, L selon la nature du produit).
- La date de durabilité minimale (DLUO) ou la date limite de consommation (DLC), selon la nature du produit et sa sensibilité microbiologique.
- Les conditions de conservation et, le cas échéant, les conditions d'utilisation après ouverture.
- Le nom ou la raison sociale et l'adresse de l'exploitant responsable de la mise sur le marché (fabricant, conditionneur ou revendeur selon les cas).
- L'origine, lorsqu'elle est requise par la réglementation applicable au produit concerné.
- La déclaration nutritionnelle, présentée sous une forme normalisée (valeur énergétique et teneurs en nutriments).
Cette liste constitue le socle commun. Certaines catégories de produits (épices en mélange, fruits secs traités, olives en saumure) peuvent être soumises à des exigences complémentaires selon leur composition exacte. Pour le texte réglementaire précis et ses évolutions, l'interlocuteur de référence reste la DGCCRF, qui publie les fiches pratiques applicables à chaque catégorie de denrées.
Tableau récapitulatif : mention, support et responsable de la conformité
Pour clarifier qui doit vérifier quoi lors d'un reconditionnement, voici un tableau synthétique des mentions et de leur point de vigilance principal pour un acheteur B2B qui transvase un lot en sachets.
| Mention obligatoire | Où la trouver à l'achat en gros | Point de vigilance au reconditionnement |
|---|---|---|
| Dénomination de la denrée | Bon de livraison / fiche produit fournisseur | Reprendre une dénomination fidèle, sans l'alléger ni la modifier |
| Liste des ingrédients | Fiche technique fournisseur | Obligatoire dès qu'il y a mélange ou préparation |
| Allergènes | Fiche technique / étiquette du sac d'origine | Doit rester mis en évidence sur le nouvel emballage |
| Quantité nette | Pesée à la mise en sachet | Doit correspondre exactement au contenu réel du sachet |
| DLUO / DLC | Étiquette du conditionnement d'origine (25 kg, carton) | Ne jamais dépasser la date d'origine lors du reconditionnement |
| Conditions de conservation | Fiche technique fournisseur | À adapter si le nouveau format modifie la sensibilité du produit |
| Nom de l'exploitant | N/A | C'est le professionnel qui reconditionne qui devient responsable de cette mention |
| Origine (si requise) | Fiche produit fournisseur / traçabilité du lot | Ne jamais indiquer une origine non tracée sur le lot d'origine |
| Déclaration nutritionnelle | Fiche technique fournisseur | À reporter à l'identique ou recalculer si le produit est transformé |
Reconditionnement en sachets : qui porte la responsabilité de l'étiquette
C'est la question qui revient le plus souvent chez les professionnels qui achètent en sacs de 5, 10 ou 25 kg pour revendre en unités plus petites : lorsqu'un sac de fruits secs quitte notre entrepôt avec son étiquetage d'origine, et que le client le transvase en sachets pour sa propre clientèle, qui est responsable de l'étiquette finale ?
La réponse tient en un principe simple : dès qu'un opérateur modifie le conditionnement d'une denrée, il devient l'exploitant responsable de la mise sur le marché de ce nouveau préemballé, et donc responsable de la conformité de son étiquetage. Le sac de 25 kg vendu par un grossiste porte les mentions relatives à ce format de vente en gros ; il ne dispense pas l'acheteur qui reconditionne de reconstituer une étiquette complète et conforme sur ses propres sachets.
Chez Palimex, nous voyons régulièrement des clients CHR ou des épiceries fines qui pensent que l'étiquette du sac d'origine « couvre » automatiquement leurs propres sachets de revente. Ce n'est pas le cas : dès que vous ouvrez un sac de 25 kg pour le répartir en unités plus petites, c'est vous qui devenez responsable de l'étiquette apposée sur ces nouveaux contenants. Notre conseil de terrain : conservez systématiquement la fiche technique et le numéro de lot du produit d'origine, ils sont la base de votre propre étiquetage et de votre traçabilité en cas de contrôle.
Dans cette logique, il est indispensable de conserver l'ensemble des informations transmises avec le lot d'origine — dénomination exacte, liste d'ingrédients, allergènes, DLUO, origine si elle est mentionnée — pour pouvoir les reporter fidèlement sur l'étiquette finale, sans approximation ni extrapolation.
Allergènes et déclaration nutritionnelle : les points qui font l'objet du plus grand nombre d'erreurs
Deux catégories de mentions concentrent la majorité des non-conformités observées sur le terrain, en particulier chez les professionnels qui manipulent des fruits à coque, des mélanges d'épices ou des préparations apéritives.
- Les allergènes : un mélange de fruits secs et de fruits à coque, un assortiment apéritif contenant du sésame, ou une préparation d'épices avec de la moutarde doivent voir ces allergènes clairement identifiés sur l'étiquette, même en cas de reconditionnement. Le risque de contamination croisée entre différents lots manipulés dans un même atelier de reconditionnement doit également être pris en compte dans votre organisation HACCP.
- La déclaration nutritionnelle : elle peut être reportée à l'identique depuis la fiche technique du fournisseur si le produit n'est pas transformé, mais doit être recalculée dès lors que vous créez un mélange ou une préparation composée de plusieurs matières premières aux profils nutritionnels différents.
Ces deux points justifient à eux seuls la mise en place d'une procédure documentée de reconditionnement, intégrée à votre plan de maîtrise sanitaire, avec un contrôle systématique des fiches techniques avant toute rupture de charge ou changement de format.
Bonnes pratiques pour sécuriser vos lots lors du reconditionnement et de la revente
Au-delà de la seule liste des mentions obligatoires, la gestion documentaire du lot est ce qui permet de répondre sereinement à un contrôle. Voici les réflexes à mettre en place :
- Conserver systématiquement les fiches techniques fournisseur pour chaque référence, classées par numéro de lot et date de réception.
- Vérifier la DLUO ou la DLC du produit d'origine avant tout reconditionnement, et ne jamais reporter une date postérieure à celle du sac ou du carton d'origine.
- Mettre en place un modèle d'étiquette type reprenant l'ensemble des neuf mentions obligatoires, à adapter produit par produit plutôt qu'à recréer à chaque fois.
- Former les équipes de conditionnement à la mise en évidence des allergènes sur le nouvel emballage, et pas seulement sur le contrôle du poids net.
- Documenter la traçabilité amont-aval : quel lot fournisseur a servi à produire quel lot de sachets revendus, avec les quantités correspondantes.
- Se référer aux fiches pratiques de la DGCCRF en cas de doute sur une mention spécifique à une catégorie de produit (épices, fruits secs traités, olives en saumure).
Cette rigueur documentaire est d'autant plus importante pour les professionnels qui achètent en gros pour revendre : voir notre article sur le conditionnement vrac pour pâtissiers et artisans pour les formats disponibles, ou notre point sur la différence entre DLUO et DLC sur les fruits secs pour affiner votre gestion des dates.
Rotation de stock, conservation et conformité : un triptyque indissociable
L'étiquetage conforme n'a de sens que s'il s'appuie sur une gestion de stock rigoureuse. Une DLUO mal anticipée, une rotation de stock trop lente sur un format 5 kg, ou des conditions de conservation non respectées en entrepôt peuvent rendre caduque un étiquetage pourtant correct au moment du conditionnement.
Pour les professionnels qui gèrent plusieurs références de fruits secs, fruits déshydratés ou épices en parallèle, il est recommandé de croiser trois éléments avant chaque mise en vente reconditionnée :
- La date de réception du lot et sa DLUO d'origine.
- Les conditions de stockage réellement appliquées (température, hygrométrie, exposition à la lumière) au regard de celles prescrites par le fournisseur.
- Le délai prévisible entre le reconditionnement et la vente effective au client final.
Cette approche rejoint les enjeux abordés dans notre article dédié à la conservation des fruits secs en entrepôt professionnel, ainsi que les recommandations sur la logistique palette et livraison franco en B2B, deux dimensions qui conditionnent directement la fiabilité de vos étiquettes dans le temps.
Synthèse : ce qu'il faut retenir sur l'étiquetage INCO d'un préemballé
Le règlement INCO impose neuf catégories de mentions sur toute denrée préemballée : dénomination, liste d'ingrédients, allergènes, quantité nette, DLUO ou DLC, conditions de conservation, nom de l'exploitant, origine quand elle est requise, et déclaration nutritionnelle. Pour un acheteur professionnel qui reçoit du vrac en sacs de 5 à 25 kg et le reconditionne pour sa propre clientèle, la responsabilité de cet étiquetage lui incombe dès qu'il modifie le format de vente. La meilleure protection reste une documentation rigoureuse des lots fournisseurs, une procédure interne de reconditionnement standardisée, et une vérification systématique auprès des textes en vigueur via la DGCCRF en cas de doute sur une catégorie de produit spécifique.
Questions fréquentes
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